permaculture

Permaculture

Aujourd’hui nous assistons à un effondrement de la biodiversité. La population en a conscience et la société a déjà commencé à changer : troc, magasins de vrac, marché de l’occasion, transports doux, alimentation bio. Les récents rassemblements pour la biodiversité le montrent également. De plus, même si les Français n’ont jamais été aussi nombreux à résider en ville (80 % de la population), la proportion de ceux qui veulent en partir ne cesse de croître. Selon un sondage Ifop pour la région Auvergne (octobre 2014), près de 70 % des citadins en activité se disent prêts à déménager à la campagne.

Les collectivités territoriales doivent s’adapter à ces nouveaux paradigmes si elles souhaitent rester attractives et être au cœur des changements sociologiques et économiques dont on perçoit déjà les prémices.

Le réchauffement global entraîne une perte de biodiversité, des aléas météorologiques accentuant les difficultés d’approvisionnement de denrées alimentaires et des disparités sociales. La permaculture apparaît comme l’une des réponses à ces phénomènes. A l’échelle de la ville et des communes, nous proposons la création d’un jardin-forêt en permaculture.

Franck Nathié, chercheur et animateur en permaculture, donne la définition suivante : «la permaculture cherche à recréer des écosystèmes nourriciers et harmonieux qui combleraient les besoins de tous les acteurs d’un écosystème (sols, plantes, animaux sauvages et d’élevage, insectes, humains) dans une relation d’amélioration dynamique du lieu appelé “aggradation” (inverse de la dégradation). Cette méthodologie de conception écologique est basée sur une éthique qui invite à prendre soin de la terre, prendre soin des êtres humains, créer de l’abondance et partager équitablement les surplus. C’est une sorte de kit holistique pour créer des petits paradis sur terre quel que soit l’endroit où l’on s’installe et quel que soit le projet que l’on a au départ.»

Quoi ?

Le projet de Free Spirit pour les villes et les communes est de recréer un agrosystème s’inspirant d’un écosystème forestier, mais productif en denrées alimentaires. Il est nécessaire de diversifier les espèces et les strates de végétation. Des arbres, des arbustes, des plantes herbacées seraient plantés. La priorité serait donnée aux espèces comestibles.

Par exemple: – pour la strate arborée : du tilleul, qui permet la production de tisanes ou de farines.

– pour la strate arbustive : du noisetier – pour les légumes «hauts» : tomate, fève, haricot, pois, concombre, chou frisé.

– pour les légumes « bas »: salade, chou, radis, oignon, blette, ail, carotte.

Le jardin serait également composé de haies portant des petits fruits (à fructification étalée dans le temps, pour les oiseaux), de bosquets (espaces de nidification, de repos), pour que les auxiliaires de l’agriculture, c’est-à-dire les insectes et autres animaux dont le mode de vie est favorable à l’agriculture, puissent s’implanter.

Où ?

Dans les villes et le communes de France, certains espaces sont certainement à réhabiliter: des espaces verts à redessiner, des friches, de vieux parkings, des usines désaffectées, etc. Chacun de ces espaces offre des potentialités intéressantes et différentes, mais dans lesquels le projet peut s’adapter.

Comment ?

Commencer à occuper un espace en permaculture permet avant tout de recréer un sol de qualité qui permet d’éviter l’introduction d’intrants chimiques ou de pesticides.

1°) avoir un sol de qualité permettant une bonne productivité.

2°) choisir des espèces productives adaptées au climat.

3°) choisir des espèces qui s’entendent entre elles, c’est-à-dire qui se complètent selon leurs besoins : ombrage, eau, défense contre les attaques de maladies et d’insectes, apports nutritifs, etc.

4°) recyclage des matières par le compostage qui permettra d’enrichir le sol.

En permaculture, ces quatre piliers ne sont pas des étapes dont l’ordre doit être respecté, mais tout se travaille en parallèle. La productivité et la luxuriance arrivent au fil du temps. Un jardin, comme une forêt, évolue dans le temps et dans l’espace. Les espèces de végétaux peuvent changer si l’on en trouve de plus adaptées. La permaculture, par son adaptation au sol et au climat, permet aussi de limiter les arrosages. Les économies d’eau peuvent être accentuées par des systèmes innovants testant l’hygrométrie du sol. L’arrosage est alors déclenché uniquement en cas de besoin.

Pour faciliter l’appropriation du projet par la population, le début des plantations sera marqué par une journée d’inauguration lors de laquelle un chantier participatif sera organisé. Particuliers, écoles, centres de loisirs, seraient invités à venir planter les premiers végétaux en bénéficiant de l’encadrement de l’entreprise choisie pour le projet ou des services communaux. Un partenariat avec un jeune agriculteur biologique peut également être envisagé. L’agriculture urbaine prend de l’ampleur. Le coût des transports lié aux fluctuations du prix du baril n’est pas étranger à cette volonté de rapprocher les zones de production des zones de consommation.

GESTION DES PARCELLES

Un entretien minimum régulier est essentiel (surtout au début de la démarche afin que le jardin-forêt ne soit pas rapidement abandonné par manque d’entretien). Il faut avant tout donner envie aux habitants de venir et les aider dans la démarche.

COMBIEN? Les coûts et les espèces choisies dépendent énormément du type de terrain à disposition. S’il s’agit d’une friche pour laquelle il n’y a pas besoin de déconstruction, le coût sera allégé. S’il s’agit d’une friche industrielle, seule une déconstruction partielle peut être envisagée. Certaines parties de bâtiment pourront être utilisées pour le rangement d’outils, pour la culture sous serre ou comme lieu de rencontre, pour un café associatif par exemple.

LES INTÊRETS POUR LA COLLECTIVITÉ

Ce projet multiplie les apports pour la collectivité. Les services écosystémiques rendus par ce projet concernent :

  • la biodiversité : par la création ou le maintien des continuités écologiques, dans le cadre des Trames Vertes et Bleues, qui doivent être prises en compte dans les SCOT et PLUi. Insérer la forêt-jardin dans un réseau d’espaces verts, voire d’espaces naturels urbains gérés durablement, permet aux espèces animales comme végétales d’accomplir leur cycle de vie. Les effets sont bénéfiques à long terme pour l’ensemble de la vie, y compris pour l’Homme. Les enjeux de la préservation de la biodiversité sont nombreux et les services écosystémiques rendus à l’Homme seront d’ailleurs développés lors de conférences proposées par Free Spirit Foundation.
  • le climat : par la réduction des îlots de chaleur urbains. Les étés caniculaires comme nous les avons connus cette année vont devenir la norme. L’apport d’espaces boisés en ville permet d’apporter de l’humidité et de casser les îlots de chaleur. Cette végétation constitue également un puits de carbone.
  • le lien social : les habitants se réapproprient l’espace et ont la volonté d’investir la forêt-jardin, pour leur propre plaisir d’observation de la nature au pied de chez eux, pour la rencontre avec les autres habitants de leur ville. Ils se rassemblent autour d’un sujet qui les concerne tous. Cela permet les échanges, provoque les rencontres et renforce la cohésion sociale entre les habitants.
  • l installation d une prise de conscience positive : la permaculture permet d’impliquer les populations dans la participation active à la protection de leur environnement. Cette participation active et concrète permet de dédramatiser les discours parfois « moralisateurs » qui peuvent freiner et/ou décourager. C’est rendre fiers les habitants d’une ville et en faire de véritables ambassadeurs de leur ville qui n’hésiteront pas à devenir des porte-paroles à leur tour.
  • l’amélioration du paysage urbain.
  • la création d’emploi localement : avec la création d’un poste d’animateur du site ou par l’installation d’un jeune agriculteur.
  • l’apport de denrées alimentaires bio pour les cantines de la ville. Les enfants cultivent leurs propres légumes.
  • les services culturels : la forêt- jardin peut servir de support pour

les activités périscolaires encadrées: land-art, jardinage, sciences naturelles, éducation civique, etc. Pour des activités de réadaptation : handicap, maisons de retraite, etc.

Le jardin sera non seulement un lieu de promenade et de ressourcement, mais aussi un lieu de rencontre et d’action citoyenne. Il sera le support de sensibilisation et d’animations diverses proposées, autant que possible, par les citoyens-jardiniers eux-mêmes.